Khân
al-Ahmar (708/1308)
Localisation : dans l’actuelle zone industrielle nord de la ville, le long de la route 71.
Réf :
Conder/Kitchener
(1882), p.119-121
Guérin (1874), I,
p.299-300
Jaussen (1923),
p.100-103
Meinecke (1992), 9B/76
Sauvaget (1940)
Cytryn-Silvermann (2010), p.11
Jaussen (1923),
p.100-103
Mayer (1933), p.197
RCEA 5235
Sauvaget (1940), p.4
Sharon (1999),
p.228-233
Thésaurus (2025),
n°3109
Historique
Situé au nord de la ville sur l’ancienne route Damas/Le Caire, le nom al-Ahmar (rouge) ne viendrait pas de la couleur des pierres utilisées pour sa construction mais de la couleur du sol de la ville (hamra baysan).
D’après une inscription plus en place, la construction débute en 708/1308 avec Sayf al-Dîn Salâr[1] puis Sanjar al-Jawlî et sous la conduite de Baktamur al-Saifî. Salâr a aussi fait construire la Grande Mosquée de Majdal et le portail de la zawîya ‘Alî al-Bakka à Hébron.
Le khân mesurait 72x83m et sera utilisé jusqu’au 18e siècle (ill.1). Il ne reste aujourd’hui qu’une petite section de galerie voûtée perdue dans un terrain herbeux (ill.3-9), celle-ci présentant une maçonnerie en ablaq.
Epigraphie
708/1308. Texte de fondation et signature (320x60) 5 lignes, plus en place, à l’origine sur le linteau du portail d’accès.[2]
« La fondation de ce
khân béni a été ordonnée par l’esclave avide de Dieu, qui espère l’indulgence
de son Seigneur, Sâlâr, fils de ‘Abd-Allah, fonctionnaire d’al-Malik al-Nâsir
et al-Mansûr, gouverneur général des provinces islamiques dans leur ensemble,
que Dieu glorifie ses victoires ! – il l’a constitué waqf, immobilisé
et consacré en faveur des allants et venants en totalité, dans le désir de la
face de Dieu et dans la recherche de Sa satisfaction, que Dieu agrée de lui
cette bonne œuvre ! cela a été achevé le 1er jumada I de
l’année 708 (31.X.1308). Cela eut lieu sous l’administration de l’avide de Dieu
Baktamûr al-Saifî, son lieutenant à Damas la bien gardée. Cela eut lieu par le
dessein de l’avide de Dieu Nâsir, fils de Yûsuf ».
Biblio complémentaire
Sharon (1999),
p.228-233
Petersen (2001), n°26
Cytryn-Silvermann (2010), p.85-88
Tzori/Shemesh (2015), n°28
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1/ plan du khân |
2/ plan restitué du khân |
3/ vue générale du site depuis le nord |
4/ vue depuis le nord |
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5/ vestiges de la galerie est depuis la route 71 |
6/ vestiges de la galerie est depuis le sud |
7/ galerie est depuis le nord |
8/ façade de la galerie est |
9/ façade de la galerie est avec l’accès à la cour à
gauche |
Documents anciens
Tristram (1865), p.500. Visite le 6 avril 1864.
Half a mile north of Beisan stand the ruins of a noble Saracenic khan, with many of its arches, and its courtyard perfect. Three, of the four columns which supported a canopy over a marble fountain in its centre, are still standing.
The whole is built of large dressed blocks of black basalt and white crystalline limestone alternating, and has a very beautiful effect.
Guérin (1874), I, p.299-300. Visite le 29 avril 1870.
A sept heures vingt minutes, nous faisons halte près d’un ancien khan musulman abandonné. Il mesure environ cent pas sur chaque face et forme un carré parfait. Les murs qui délimitaient cette enceinte avaient un mètre dix centimètres d'épaisseur. La face sud est en grande partie renversée, ainsi que la porte qui ouvrait de ce côté ; les autres faces sont mieux conservées ; celle du nord surtout est presque intacte. Bâtie avec de belles pierres de taille provenant sans doute des ruines de l'antique Beth-Gheân, elle est percée d'une porte construite avec de superbes blocs, alternativement noirs et blancs, très-régulièrement appareillés et de dimensions considérables. Cette porte, qui correspond à celle du sud dont j'ai parlé et qui est actuellement détruite, repose sur deux pieds-droits que couronne un magnifique linteau, surmonté lui-même d'un arc ogival. Elle donne entrée dans un vestibule que fermait une autre porte intérieure. Au dedans du rectangle délimité par cette enceinte régnaient quatre belles galeries ogivales ; construites, elles aussi, avec des pierres de taille très-régulièrement agencées entre elles et aujourd'hui aux trois quarts renversées, elles ont été remplacées, à une époque postérieure, par de misérables masures arabes, elles-mêmes abandonnées et tombant en ruine. Au centre du khan, trois colonnes monolithes en granit gris sont encore debout ; une quatrième est renversée : elles se répondaient deux à deux.
Conder/Kitchener (1882), p.119-121. Visite en 1874-1875.
A fine specimen of the Saracenic hostels. The walls are standing throughout, and the vaulting is entire on the east. It measures 270 feet east and by 235 north and south outside, and is built of finely wrought ashlar of moderate dimensions, in alternate courses of white limestone and black basalt. The main entrance is on the north, a gateway with pointed arch ; on eitheir side is a staircase leading on the roof. That on the left (west) is circular. (See plan). The galleries on each wall are 37 feet broad, the tunnel-vaulting being of rag-work with pointed arches. Four marble shafts stand in the centre of the yard, once supporting a dome over a fountain. These columns are 18 inches diameter. The lintel within the pointed arch of the north door-way is 15 feet 6 inches long, 2 feet wide, 3 feet high. Another lintel to the side door is 6 feet by 1 foot 10 inches by 1 foot 4 inches, dressed to represent a stone with two bosses and a draft 3 inches broad. The whole is dressed smooth, and the separation is shown by a groove cut in the face.
This is apparently the place described by Guerin under the name of a ' Mussulman Khan.' His description, written ten years ago, differs in some important respects from that of Lieutenant Conder. It is as follows : ' The building measures 100 paces on each side, and forms a perfect square. The walls which surround the enclosure are 3 feet 6 inches in thickness. The south face is in great part overthrown, as well as the gate which opened on this side. The remaining faces are better preserved : that of the north is nearly perfect. It is built of good cut stones, which doubtless came from the ruins of Bethshean, and is pierced by a door constructed of superb blocks, alternately black and white, very regularly dressed and of considerable dimensions. This door, which corresponds to that on the south side, now destroyed, rests in two abutments crowned by a magnificent lintel, which is itself surmounted by an ogival arch. It opens upon a vestibule formerly closed by an interior door. Within the rectangle of the enceinte there formerly ran four ogival galleries . . . they have been replaced by miserable Arab erections, now in ruins. In the middle of the Khan three monolithic shafts in grey granite are still upright A fourth is overturned.'