Enceinte de la ville de Bireçik (n.d.)

 

 

 

Localisation 

Mur d’enceinte autour de la ville. 

 

 

 

Bibliographie

Anastasio (2023), p.29-41 ; Devonshire (1922), p.1-43 ; Durukan (1999), p.113-118 ; Durukan (2004), p.101-106, 180-197 ; Durukan (2011), p.37-75 ; Güler (2023), p.41-74 ; Kurkçüoglu (1996) ; Meinecke (1992), 42/142, 42/144 ; Raphael (2010), p.173-185 ; Sinclair (1990)

 

 

 

Inscriptions

Durukan (1999), n°19, 20 ; Oppenheim/Berchem (1909), n°130 ; TEI, n°12226, 12227, 58609, 58610, 59605, 59606

 

 

 

Historique

La ville de Bireçik/al-Bîra sur les bords de l’Euphrates conserve de longues sections de son mur d’enceinte, on trouve une section au sud (sur l’actuelle avenue Adnan Mendes) et une longue section en ruines au nord-est (ill.1). Quatre portes sont avérées : Maydan Kapesi, Baglar Kapesi, Meçan Kapesi et Urfa Kapesi, les deux dernières étant encore debout.[1]

Des photos de K.A.C Creswell montrent l’état de l’enceinte et une partie importante de son élévation au début du 20e siècle.[2]

 

La section sud qui s’étend le long de l’actuelle avenue Adnan Mendes conserve trois tours T01 (ill.9-11), T02 (ill.12-14), T03 (ill.15-17) avec ses pierres à bossage, elles ont aussi gardés leurs consoles en quart de cercle qui soutenaient le système de défense sommital. La longueur du mur restante entre les tours présente à certains endroits des fentes de tir (aujourd’hui au niveau du trottoir).

A l’angle sud-ouest de cette section, se trouve un bastion restauré, (aujourd’hui mesçid Alaburç), il cloturait le mur d’enceinte sud au niveau du fleuve.[3] Ces façades présentent une assise en pierre noire à mi-hauteur et des fentes de tir dans des cadres ornés, on trouve aussi des cartouches inscrits à la gloire du sultan al-Ashraf Qaitbay (r.6 rajab 872/31.I.1468 – 27 dhu’l-qa’da 901/7.VIII.1496) disposés sur toutes les façades de ce bastion (ill.5-7). Le système de défense sommital, restauré, se compose des bretèches soutenues par des consoles en quart de cercle et des archères (ill.2-7). L’intérieur de l’édifice, qui sert de salle de prière, présente une inscription d’une ligne, la Sourate LXXII/18, gravée sur le mur sud (ill.8).

La section au nord-est présente un long pan de mur (ill.19-29) qui se prolonge, de manière fragmentaire, dans la ville moderne (ill.30). Cette section à la sortie de Urfa Kapesi suit le relief accidenté de cette partie de la ville et devait certainement rejoindre Meçan Kapesi. Aujourd’hui, le mur en mauvais état, présente des sections de belles pierres à bossages (ill.28), des fentes de tir et deux tours en élévation. La tour polygonale conserve ses fentes de tir et des morceaux de consoles qui devaient soutenir le système de défense sommital (ill.20-24).

Outre les deux portes mentionnées, une troisième porte Meydan Kapesi qui se situe au sud, portait une inscription datée 887/1482, mentionnant le sultan Qaitbay.

 

Les inscriptions et les cartouches, à la gloire du sultan al-Ashraf Qaitbay, disséminés sur le mur d’enceinte et les portes de la ville documentent l’activité de restauration entreprise par le sultan lors de sa visite d’inspection dans la région en rajab 882/Novembre 1477[4], il fait aussi restaurer aussi la Citadelle de la ville ainsi que la Citadelle de ‘Ayntâb/Gaziantep. Ces restaurations, programmées dans le cadre du conflit naissant qui oppose les Mamluk à la puissance Ottomane apparaissent de grandes ampleurs et concernent l’intégralité de l’enceinte qui devait être largement en ruines lors de l’arrivée du sultan dans la ville.[5]

 

 

 

Epigraphie

ca.887/1482. Sourate du Coran, 1 ligne à l’intérieur du bastion sud-ouest (Alaburç mescîd) sur le mur sud (ill.8).[6]

« Sourate LXXII/18 ».

 

 

n.d. Cartouches 3 lignes sur les façades du bastion sud-ouest (ill.5-7).[7]

« Gloire à notre maître le sultan al-Malik al-Ashraf Abu’l-Nasr Qaitbây, puissante est sa victoire ! ».

 

 

887/1482. Inscription de construction sur la porte Meydan Kapesi.[8]

« Gloire à notre maître le plus grand sultan…. l’épée tranchante d’Allâh, al-Malik al-Ashraf Abu’l-Nasr Qaitbây ! sous la direction de Yûnus l’avide de Dieu. Dans l’année 887.

 

 

887/1482. Inscription de construction sur la porte Meydan Kapesi.[9]

Qu’Allâh ! fasse durer éternellement le pouvoir de notre maître le sultan al-Malik al-Ashraf Abu’l-Nasr Qaitbây ! le mois de jumada II en l’année 887 ».

 

 

 

Illustrations

               

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1/ tracé de l’enceinte

2/ plan du bastion sud-ouest, dit Alaburç mescîd

3/ élévation et section du bastion

4/ vue du bastion avec l’accès au nord

5/ façade ouest du bastion avec ses cartouches inscrits

6/ façade sud du bastion avec ses cartouches inscrits

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

7/ vue du bastion depuis le sud-est et son rattachement au mur d’enceinte

8/ la sourate du Coran sur la mihrâb du mur sud

9/ vue de la tour T01 sur le front sud de l’enceinte

10/ vue de la partie haute de T01

11/ la tour T01 depuis l’ouest

12/ la tour T02 sur le front sud

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

13/ la façade de la tour T02

14/ la tour T02 depuis l’est

15/ vue de la tour T03 et du front sud

16/ la tour T03

17/ la façade de la tour T03

18/ plans d’une tour quadrangulaire et d’une tour polygonale de l’enceinte

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

19/ une partie du mur d’enceinte à l’est de la ville

20/ une des tours polygonale du front est

21/ façade de la tour polygonale

22/ la tour polygonale côté intra-muros avec son accès

23/ la salle de la tour avec ses fentes de tir

24/ la tour polygonale et une partie du mur remontant vers le nord

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

25/ une section du mur remontant au nord de la tour polygonale

26/ une section du mur au nord de la tour

27/ une section du mur est de la ville

28/ détail du parement à bossages

29/ autre section du mur est

30/ vue de la ville moderne avec une section et une tour de l’enceinte

 

 

 

Documents anciens

Buckingham (1827), p.34-35. Visite en juin 1816.

The walls appear to have been built of a hard yellow stone, of which there only a small portion in the immediate neighbourhood of the town, unless time, and the effect of the air, may have changed the colour and texture of the surface. They are of excellent masonry, and are constructed in the rustic manner, in imitation of Roman work. There are towers at the angles, and other parts ; and some portions of the wall climb over very steep acclivities, as at Antioch. Through all parts of it are loop-holes for arrows, and a battlement going all around the summit. »

The front of the eastern gate presents many architectural decorations, in good taste, among which are the fan-topped niches, so fashionable in Roman times, and afterwards imitated by the Saracens. They were always executed by these last, however, with an approximation to the pointed arch, and in a way to be easily distinguished from those of the Roman age. Around the battelements, I observed, also, a sort of frieze, formed of large fleur-de-lys reversed ; but whether this ornament had any reference to the defeat of the Christian powers, who bore it among their emblems during the time of the Crusades, it would be difficult to determine.

There were here, also, as in most old Mohammedan fortresses, many circular stones jutting out from the walls, like guns projectings through the closed port of ship’s side ; and on all theses were inscriptions in relief, for which purpose they seemed to have been place there. In the oldest buildings this is the use to which they are applied, and this was, no doubt, their original intention ; though in some, perhaps later buildings, fragments of granite and marble pillars have been used, to project from the walls in this way, when the buildings were erected near the site of any ruined city, and were thus already formed to the builder’s hands ; but their ends were not then used as inscriptive tablets.

Around the whole of the front of the eastern gate was a long band of smooth stone, containing an inscription in characters of high-relief, and well cut ; but it was in such ancient complicated forms that none of our party could understand it, although we had many who could read the old Cufic character with facility, and who understood the most learned style of Arabic in use at the present day. »

 

Benjamin (1856), p.194.

« Pour entrer dans la ville, on passe l’Euphrate sur un bac. Le fleuve protège la ville de ce côté, tandis que de vieilles murailles, dont la ligne suit les sinuosités de la montagne à laquelle Birra est adossée, l’abritent de tous les autres côtés ; de loin, c’est un aspect curieux que celui de ce mur immense demi-circulaire qui entoure la ville, dont les contours se détachent ainsi sur le fond grisâtre du granit. »

 

Chesney (1868), p.416. Visite le 17-18 mai 1835 et 14-16 juin 1835.

« The walls of the town are built perpendicularly from the water, and the ground rises much in the rear, so as to give a view of the whole extent of the place. Close along its walls flows the Euphrates : in the spring, during the high water, it is about half a mile in breadth, but in the autumn ti is reduced to about 200 yards. »

 

 

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[1] Elles font l’objet de fiches séparées.

[2] Photos des archives de Creswell sur le site archnet.org, et sur le site collections.vam.ac.uk.

Voir aussi Anastasio (2023), p.29-41.

[3] Une photos de Creswell montre le bastion et son glacis depuis le sud ‘les pieds dans l’eau’, cf. Anastasio (2023), p.33, fig.25.

Une photo de l’abbé Brétocq, disponible sur archives.eure.fr, montre ce bastion depuis le sud-est avec son raccord au mur d’enceinte de la ville.

[4] Sur ce voyage, cf. Devonshire (1922), p.15.

[5] Sur le conflit opposant Mamluk et Ottomans entre 1485 et 1491, cf. Har-El (1995). Le voyage d’inspection du sultan Qaitbay en 882/1477 vise à préparer la région frontalière à ce conflit.

[6] Traduction d’après le texte de Durukan (1999), n°20.

[7] Traduction d’après le texte de Durukan (1999), n°19.

[8] Traduction d’après le texte de Oppenheim/Berchem (1909), n°130 (1e partie).

[9] Traduction d’après le texte de Oppenheim/Berchem (1909), n°130 (2e partie).