Qal’at Sanjîl/Citadelle Saint Gilles
Localisation
Sur la rive gauche du
nahr Abû ‘Alî, à l’extrémité nord de la colline Abû Samra (plan n°1).
Bibliographie
Chaaya (2007),
p.141-167 ; Chaaya (2010) ; Chayya (2016), p.281-312 ; Deschamps
(1973) ; Dotti (2007), n°16 ; Fuess (2009), p.157-172 ; Hanisch
(1996a) ; Meinecke (1992), 9B/69 ; Salamé-Sarkis (1980) ; Piana
(2008f), p.422-438 ; Piana (2010), p.307-355 ; Pringle (2007b),
p.141-156 ; Sobernheim/Berchem (1909), p.94-104
Inscriptions
RCEA 6013 ;
Sobernheim/Berchem (1909), n°44, 45 ; TEI, n°26
Historique
La colline de Abû Samra,
où se trouve le château, est un site stratégique surplombant la rive du nahr
Abû ‘Alî à l’est et la ville côtière de Tripoli à l’ouest, le site est alors
occupé par un sanctuaire fatimide. Cet emplacement est utilisé par Raymond de
Saint Gilles, comte de Toulouse, pour y élevé un château lors du siège de la ville
en 1102, avec pour objectif de bloquer la ville et de contrôler son
ravitaillement. La ville est alors possession des Banû ‘Ammar. Après la mort de
Raymond de Saint Gilles en 1105, le château est renforcé et aménagé par
Bertrand de Saint Gilles (1109-1112) et Ponce (1112-1137). Durant la période
croisée[1],
le site a sûrement subit d’importants dégâts lors du séisme de 1170.
En 666/1268, l’attaque du
sultan al-Zâhir Baybars (r.17 dhu’l-qa’da 658/24.X.1260 – 27 muharram 676/30.VI.1277)
provoque un incendie et d’importants dégâts, toutefois le château ne tombe
définitivement aux mains des Mamluk qu’en 688/1289, après sa prise par le
sultan al-Mansûr Qalâ’ûn (r.27 rajab 678/3.XII.1279 – 6
dhu’l-qa’da 689/10.XI.1290). Il restera possession mamluk jusqu’à la
conquête ottomane en 922/1516. Si, pendant cette domination la citadelle
conserve son rôle défensif, c’est aussi le centre du pouvoir administratif
d’une ville qui est siège d’un royaume mamluk (mamlaka).
A partir de 707/1307, le
site est l’objet d’un programme de reconstruction sous le gouverneur de la
ville Asandamûr al-Kurjî (700/1301-709/1309). Les principaux travaux Mamluk
semblent concerner le dispositif d’entrée nord (ill.25-29), l’ajout du front sud
(ill.21, 22)[2], et
probablement un renforcement du front orientale.
La citadelle présente
deux inscriptions ; une inscription de restauration du sultan Ottoman
Sulayman datée 927/1521 sur le portail nord[3]
et un décret militaire daté 746/1345 sur la tour-porte intérieure (ill.29). Ce
décret, copie conforme du décret de la tour d’accès du Crac des Chevaliers/Hisn
al-‘Akrad en Syrie, est promulgué par le gouverneur de Tripoli, Saif al-Dîn
Qamarî, officiant sous le sultan al-Kamîl Sha’ban (r.4
rabi’ II 746/4.VIII.1345 - 1 jumada II 747/19.IX.1346).
L’aspect actuel du
château est l’œuvre des Ottomans notamment Sulayman et surtout du gouverneur Mustafa
Barbar Agha (1767-1834) qui entreprend à partir de 1802 un vaste programme de
reconstruction.
Epigraphie
746/1345. Décret
militaire du sultan al-Kamîl Sha’ban 6 lignes sur la 2e porte de la
citadelle (ill.29).[4]
« (1) Au nom
d’Allâh… A la date du 10 sha’ban vénéré de l’année 746 (6 décembre 1345) (2) de
la noble hégire du Prophète, a été promulgué l’ordre de notre maître, le très
grand sultan, le souverain, al-Malik al-Kâmil Saif al-dunya (3) wa’l-Dîn Sha’ban,
fils du sultan martyr al-Malik al-Nâsir Muhammad, fils du sultan martyr
al-Malik (4) al-Mansûr Qalâ’ûn, que ses édits ne cessent jamais d’être exécutés
dans le monde, ni les nuées de leur générosité de verser partout
l’abondance ! (cet ordre prescrit) que la totalité des armées victorieuses
musulmanes, des émirs et des mamluk royaux, des soldats dans les corps de la
garde, des émirs concessionnaires (de
terrains) et des hommes de leur suite soient exemptés de la restitution réclamée,
éventuellement, en faveur du diwan florissant, à chacun d’eux séparément, de
l’excédent de leur solde, (excédent) correspondant à la différence, dans le
nombre des jours de révolution, (5) entre les années solaires et
lunaires ; et que soit aboli le recouvrement (de cet excédent), exercé
auparavant par le diwan des armées dans les provinces musulmanes, en sorte que
le diwan des comptes n’aura plus aucun droit d’ingérence dans les fiefs
militaires des concessionnaires et que tout ce qui était réclamé pour le diwan
(c'est-à-dire pour le fisc, par la cour des comptes), sur le règlement des
comptes de gratifications, soit compris dans cet acte de faveur (ci-devant
mentionné). Cet acte implique un don, dont le bénéfice s’étend aux grands et
aux petits (c'est-à-dire aux officiers et aux soldats) et cela sera une bone
action, dont la récompense sera louée dans le paradis et une belle institution
qui méritera à son auteur la récompense, ainsi que la récompense de ceux qui
agiront conformément, jusqu’au jour du jugement. Et ceux qui s’appliqueront à
imiter cet exemple, qu’Allâh réalise en bien (6) leurs pensées. Et si quelqu’un
modifie ces dispositions après en avoir pris connaissance, que son crime retombe
précisément sur ceux qui les modifieront ; et si quelqu’un y retranche ou
cherche à y retrancher quelque chose dans les cours des années, Allâh, qui est
puissant et grand, sera son adversaire, ainsi que son prophète Mahomet, le
maître des envoyés ; et il méritera la malédiction d’Allâh, des anges et
de tous les hommes ; et il subira la peine du péché par lequel il perdra
la vie de ce monde et celle à venir ; et c’est une perte évidente…. Et il
est le meilleur des héritiers. A l’époque du préfet général, sa très honorée et
haute Excellence, le gouverneur Saif al-Dîn Qamârî, fonctionnaire d’al-Kâmil,
gouverneur du sultanat royal dans les provinces conquises tripolitaines, que sa
victoire soit puissante ! »
Illustrations
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1/ plan de la citadelle |
2/ plan de
l’accès nord à la citadelle |
3/ l’accès
nord |
4/ partie
haute de l’accès nord |
5/ la tour
T02 |
6/ la tour
T01 |
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7/ la tour T01 et T14 |
8/ façade
de la tour T01 |
9/ la tour
T14 et le glacis |
10/ la
tour T14 et le front nord-ouest |
11/ la
tour T13 |
12/ le
front ouest avec la tour T12 |
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13/ la tour T12 |
14/ la
tour T11 |
15/ le front
sud-ouest avec la tour T10 |
16/ le
front ouest depuis le sud |
17/ la
tour T10 |
18/ l’angle sud-ouest |
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19/ la
tour T10 et l’angle sud-ouest de la citadelle |
20/ le mur
bouclier sud-ouest |
21/ la
jonction du mur bouclier sud-ouest avec le front sud |
22/ vue du
front sud |
23/ la tour T07 depuis le sud |
24/ la
tour T05 depuis le nord |
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25/
l’accès nord entre les tours T02 et T01 |
26/ le
portail d’accès nord |
27/ le corridor d’accès |
28/ la 2e
porte dans la tour T03 |
29/ le
décret daté 746/1345 sur la 2e porte |
30/ vue de
l’intérieur vers le sud |
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31/ vue du
front est depuis le nord |
32/ la terrasse de la citadelle |
33/ vue
des aménagements intérieurs vers le sud |
34/ vue
des aménagements du front est vers le sud |
35/ vue
des aménagements intérieurs |
36/ vue
des aménagements intérieurs |
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37/ vue des aménagements intérieurs vers le sud |
38/ vue
des aménagements intérieurs |
39/ vue
des aménagements intérieurs |
40/ vue des
aménagements le long du front est avec la tour T05 |
41/ vue
des aménagements le long du front est entre les tours T05 et T06 |
42/ les aménagements à l’angle sud-est |
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