Siqayât al-Malîk al-‘Adîl, Haram (589/1193)
Localisation : zuqaq Bab al-Mathara, au sud du portail du sûq al-Qattanîn (D4.15).
Réf :
Berchem (1922), p.103-108
Bieberstein/Bloedhorn (1994) II, p.423
Korn (2004), n°13
Berchem (1922), n°38
Hawari (2007), p.52
RCEA 3463
Walls/Abul-Hajj (1980), n°38
Historique
L’édifice est situé entre le hammam al-Shifa (736/1336) et le sud-est de l’allée Bâb al-Mathara, on le doit à al-‘Adîl, frêre de Saladin et futur sultan (r.592/1196-615/1218)[1].
Il a probablement fait l’objet d’une restauration dans les années 1260 par ‘Alâ al-Dîn Ruknî[2], Intendant des deux Haram (nâzir al-haramaîn) et fondateur du ribat ‘Ala’ al-Dîn (666/1268) et du ribat al-Mansûrî (681/1282), tout deux dans le tarîq Bâb al-Nazîr.
A l’origine l’édifice comprend un espace d’ablution pour hommes et un pour femmes (ill.1), il a sûrement été amputé d’une partie de sa superficie suite à la campagne de travaux de l’émir Tankîz qui débute en 728/1328 et s’achève en 738/1338. Durant cette période, le quartier est entièrement repensé. Cet édifice reprend des éléments architecturaux des Croisés comme l’arc à coussinets, les colonnes et les chapiteaux du portail (ill.4).
Aujourd’hui, il ne reste que le portail voûté et son arc à coussinets (ill.3-5). Toutefois deux sources apportent des indices sur les parties disparues de cet édifice.
L’acte de donation de la madrasa al-Tankizîya
toute proche :
« And
from it (i.e. Tarîq al-Wad? hammam al-‘Ayn[3]?)
is the entirety of the taharât which was constructed (inshâ’ aha) by
the named founder . . . and it is in the proximity of that (i.e. Tarîq al-Wad?
hammam al-‘Ayn?) and it is enclosed by a private door and includes seven rooms (buyût).
One of them is a bathing place (mustahamm) and in it is a stone basin.
And for each of these rooms is a stone basin with water running to it with
rights . . . from the al-‘Arûb Canal, and the surplus of the water of this taharât
and its refuse is disposed to the mentioned sewage canal belonging to it.
Its border to the south is the hawd al-sabîl which was
constructed/renewed by the named founder . . . and a well arrives to it (i.e.
to al-hawd) from the surplus of the ‘Arûb canal pool. And the exact
border is the street, and in it (i.e. the street) is its (the taharât)
gate. To the east is the installation (masnâ) dedicated to the two
above-mentioned baths. To the north is the Southern Bath.[4]
To the west is the road ».[5]
Et une
description d’al-‘Umarî vers 744/1344 :
« To
the side of this portico is the gate of the taharât. It consists of two taharât,
one for women and one for men. The taharât for men contains twenty-three
rooms and a large fountain (fasqîyah). On the top of the taharât for
women are lodgings leased for the benefit of the pious foundations of the
Haram. Four steps lead from the ground level of the Haram to the Bâb
al-Taharât. The height of the gate is four dhirâ’s and two
thirds, its width three and an eighth. After this there are seven steps leading
to a long corridor by which one reaches the taharât for men and
[leading] to the flight of steps to the upper floor of the taharât for
women. The taharât for women is at the beginning of the corridor to the
right as one enters ».[6]
Epigraphie
589/1193. Texte de construction 8 lignes (74x48) sur une dalle dans le
tympan au-dessus de la porte.[7]
« xxx Cette pièce d’eau bénie, d’heureux
augure, a été refaite par ordre de notre maître, le seigneur très illustre,
al-Malik al-‘Adîl, le victorieux, le héros, le défenseur de l’islam, le refuge
des hommes, Saif al-dunya wa’l-dîn, le sultan des armées des musulmans, Abû
Bakr Muhammad, fils d’Aiyûb, l’ami dévoué de l’émir des croyants, - que Dieu
fasse durer sa puissance, qu’Il élève à jamais sa parole, et secoure ses
étendards et ses emblèmes, par Maho(me)t, sa famille et ses descendants !
– dans le mois de shawwal de l’année 589 (octobre 1193) ».
Biblio complémentaire :
Hawari (2007), n°4
Hawari (2009), p.260
Kenney (2009)
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1/ plan et élévation du siqayât |
2/ vue des vestiges de l’accès |
3/ vue de l’accès |
4/ la partie haute du portail |
5/ vue du portail |
Documents anciens
[1] Sur al-‘Adîl, cf. Humphrey’s (1977).
[2] Sur ‘Alâ al-Dîn al-Ruknî, cf. Burgoyne (1987), p.117.
[3] Mentionné aussi comme le hammam ouest.
[4] C’est-à-dire le hammam al-Shifâ’.
[5] Texte et commentaires d’après Kenney (2009), p.115.
[6] Texte et commentaires d’après Kenney (2009), p.116.
[7] Texte d’après RCEA 3463.