Mosquée al-Abyad (666/1268)

 

 

 

Localisation : à l’ouest du cimetière Musulman de la rue Dani Mass.

 

 

 

Réf :

Conder/Kitchener (1882), p.269-275

Guérin (1868), I, p.40-46

Meinecke (1992), 4/128, 9C/81, 26B/14

Porter (1887), p.XV-XVI

 

Guérin (1868), I, p.40-46

RCEA 4588, 5401

Petersen/Pringle (2021), n°1, 5, 7, 8, 9 ; p.18

Tütünçü (2008), n°230, 233

 

 

 

Historique

 

La Mosquée al-Abyad (mosquée Blanche) est érigée peu de temps après la fondation de la ville par le calife Omeyyade Sulayman (r.715-717). Elle a connu quatre phases de construction et plusieurs rénovations révélées par une série de fouilles.[1] La mosquée Blanche a la particularité d’avoir des citernes voûtées creusées dans son sous-sol accessibles par des escaliers (ill.1).

Une inscription datée 586/1190 sur le mur nord mentionne la construction d’une mosquée qui devrait faire plutôt référence à la Grande Mosquée aménagée dans l’ancienne Cathédrale des Croisés qu’à la Mosquée al-Abyad.

Les deux séismes de 597/1200 et 598/1201 ont probablement entraînés quelques dégâts sur la salle de prière.

Après la conquête de Jaffa le 20 jumada 666/6.II.1268, le sultan Baybars (r.17 dhu’l-qa’da 658/24.X.1260 - 27 muharram 676/30.VI.1277) s’attelle à la restauration de l’édifice qui débute le 10 rajab 666/26.III.1268. Le minaret est restauré et la rénovation de la coupole du mihrâb et du portail est aussi entamée. Une inscription datée 666/1268, à l’ouest du minaret, commémore et raconte le siège de la ville de Jaffa par le sultan et mentionne aussi ces travaux.[2]

Au cour du séisme de safar 692/11.I-8.II.1293, le minaret de Baybars s’effondre ; plus tard au cours de son 3e règne, le sultan al-Nâsir Muhammad (30 ramadan 709/3.III.1310 - 21 dhu’l-hijja 741/7.VI.1341) fait élever un nouveau minaret avec de nombreux renforts de maçonnerie et des contreforts d’angle ; les travaux sont achevés au milieu de sha’ban 718/12.IX.1318 comme le mentionne l’inscription courant sur le portail du minaret (ill.10). Ce minaret carré d’une trentaine de mètres de hauteur s’élève sur cinq niveaux plus une plate forme (ill.30, 31) et présente un accès surmonté d’un assommoir (ill.9, 11), cette configuration a poussé de nombreux observateurs a en faire une tour de guet plutôt qu’une tour d’appel à la prière.[3]

Enfin, la citerne dans la cour de la mosquée est aussi restaurée en rabi’ I 810/6.VIII-4.IX.1407 par le gouverneur de la province de Damas Baighût al-Zâhirî (en poste du 1 rabi’ I 810/6.VIII.1407 jusqu’en 811/1408).

Aujourd’hui, il ne reste qu’une partie du portique est, le portique ouest est écroulé et le portique nord ne présente aucun vestiges apparents. La salle de prière (deux baies de profondeur et treize de large) est en grande partie effondrée et a perdu sa toiture (ill.17-28). Celle-ci présente des changements dans l’alignement du mur qibla (ill.1) suite aux travaux de rénovation de l’édifice. Le site a fait l’objet d’importantes fouilles.[4]

 

 

 

Epigraphie

 

586/1190. Texte de construction 5 lignes à l’angle nord-ouest (cette inscription concernerait la Grande Mosquée).[5]

In the name of God etc. This construction work in this blessed mosque was ordered by Iyās ibn ʿAbd Allāh, one of the company (ḥalqa) of the Emir ʿAlam al-Dīn Qayṣar (may God have mercy on him and on those who pray for his soul), in the year 586 [1190].

 

 

666/1268. Texte de construction 4 lignes (400x30) sur l’accès droit du mur nord de la salle de prière de la Grande Mosquée.[6]

« In the name of God, the merciful, the compassionate. Only he shall inhabit God’s places of worship who believes in God and the Last Day (Qurʾān 9.18). God, having decided to exercise His judgment, decided in His foresight to permit His ready and trusted servant, who relies on Him to provide for him, who fights for Him, protector of the religion of His prophet, and who loves Him and is His friend, the illustrious great sultan, the warrior, the defender of the borders, the fighter at the frontier, the raider, pillar of the world and the faith (Rukn al-Dunya waʾl-Dīn), sultan of Islam and the Muslims, Baybars son of ʿAbdallāh, associate of the Commander of the Faithful [i.e. the caliph], who came from the land of Egypt with his victorious army on the 10th of the month of Rajab i, resolved to conduct holy war and combat the infidels and resisters. He descended on the port of Jaffa in the morning and conquered it by God’s will in the third hour of that day. Then he ordered the construction of this dome over the blessed minaret and this doorway at this blessed mosque under the supervision of the one in need of [lacuna where the name of the supervisor of the works has been effaced… the year six and sixty] and six hundred (ad 1268). May God have mercy upon him and all Muslims. »

 

 

n.d. Décret 3 lignes sur la porte nord.[7]

« Decreed upon the order of our honoured suprême lord, Sultan al-Malik al-Ẓāhir, may God exalt him! / ... the honoured stables as they were accustomed to do on their way to Damascus accompanied by ... / and so forth; and hindering whoever opposes them in Ramla including customs duty (maks), which they were not accustomed to ... »

 

 

718/1318. Texte de construction 3 lignes sur le minaret (ill.10, 13, 14, 15).[8]

« …this blessed minaret (miʾdhana) was founded by our master, the victorious sultan (Sultan al-Nāṣir), the wise, the just, the warrior, the defender of the borders, the fighter at the frontiers, sultan of Islam and the Muslims, the one who re-establishes justice in the worlds, slayer of infidels and polytheists, king of the Arabs and the Persians [i.e. non-Arabs], master of the necks of nations (mālik riqāb al-umam), guardian of God’s land, protector of the land and the faith, father of conquest, (Nāṣir al-Dunya waʾl-Dīn Abū Fatḥ) Muḥammad, son of our lord, the martyred, the sultan, the victorious king, sword of the land and the faith (Sayf al-Dunya waʾl-Dīn) Qalāwūn al-Ṣāliḥī, associate of the Commander of the Faithful, may God perpetuate his days and hoist by victory his flags and banners. And the achievement of the building of it was in the middle of the month of Shaʿbān, the year eighteen and seven hundred (October 1318) ».

 

 

n.d. Fragments d’inscription aux extrémités du bandeau sur le portail du minaret (ill.12, 16).[9]

« Shahada. Début Coran IX :33 »

« The construction of this place (makan) was … »

 

 

811/1408. Texte de restauration sur le mur de la citerne.[10]

Texte non disponible.

 

 

 

Biblio complémentaire

Petersen (1995), p.75-101

Pringle (1998), p.185-187

Gibson/Vitto (1999)

Petersen (2001a), p.1-6

Petersen (2001b), p.345-359

Rosen-Ayalon (2002)

Aigle (2003), p.57-85

Rosen-Ayalon (2006), p.67-83

Cytryn-Silverman (2008), p.379-432

Cytryn-Silverman (2010a), p.1-7

Gutfeld (2010)

Herriott/Ilan (2017), p.8-242

Petersen/Pringle (2021), p.117, n°16; p.185-201

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1/ plan de la mosquée avec les phases de constructions

2/ le minaret depuis l’est

3/ le minaret depuis le nord-est

4/ le minaret depuis le nord

5/ la partie haute du minaret, côté nord

 

 

 

 

 

 

 

 

 

6/ le minaret depuis l’ouest

7/ la partie haute du minaret, côté ouest

8/ le minaret depuis le sud-est

9/ portail d’accès au minaret, côté sud

10/ le portail d’accès avec son inscription de construction datée 718/1318

 

 

 

 

 

 

 

 

11/ l’assommoir aménagé au dessus de l’entrée

12/ une inscription non datée à droite du portail

13/ partie droite de l’inscription dans la baie du portail

14/ partie centrale de l’inscription

15/ partie gauche de l’inscription

 

 

 

 

 

 

 

 

16/ une inscription non datée à gauche du portail

17/ vue générale des ruines de la salle de prière depuis le minaret

18/ partie gauche de la salle de prière depuis le minaret

19/ partie centrale de la salle de prière depuis le minaret

20/ partie droite de la salle de prière depuis le minaret

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

21/ vue partielle de la salle de prière

22/ mur de qibla

23/ arcade devant le mur qibla

24/ le mur de qibla avec le mirhâb

25/ arcade de la salle de prière

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

26/ arcade de la salle de prière

27/ détail d’un arc

28/ mur de qibla depuis l’extérieur

29/ une partie des arcades latérales

 

 

 

Une image contenant texte, vieux

Description générée automatiquement

 

 

Une image contenant texte

Description générée automatiquement

 

Une image contenant ciel, horloge, extérieur, bâtiment

Description générée automatiquement

 

Une image contenant bâtiment, extérieur, tour, pierre

Description générée automatiquement

 

 

 

Une image contenant ciel, extérieur, bâtiment, tour

Description générée automatiquement

 

30/ plan des niveaux du minaret

31/ section et élévation du minaret

32/ le minaret depuis la salle de prière

33/ partie haute du minaret depuis la salle de prière

34/ le minaret depuis l’est de la cour

 

 

 

 

Documents anciens

 

Guérin (1868), I, p.40-46.

En dehors des limites de cette enceinte, je signalerai comme particulièrement dignes d'attention : la mosquée que les musulmans appellent vilguairement Djama' el-Abiyadh (la mosquée Blanche), et que les Latins désignent sous le nom de ‘couvent des Templiers’ et ‘tour des Quarante Martyrs’ […]

Le Djama’ el-Abiyadh se trouve à huit minutes à l'ouest delà ville. Devant cette mosquée s’étend un grand musulman, ombragé cà et là par de vieux seder […]

L'enceinte de la mosquée Blanche mesure cent six pas de long sur cent de large. Quelques voyageurs en ont singulièrement exagéré l'étendue. Le long de la face sud de ce rectangle, deux rangées d'arcades ogivales sont ou debout ou à moitié écroulées. Vers le milieu de cette espèce de nef, une niche marque le milirab. Sur une belle pièce de marbre gisante à terre et que l'on a essayé de scier vers le centre pour l'emporter, on lit une inscription arabe, dont voici la traduction, que je dois également à l'extrême obligeance de M. Sauvaire :

« Au nom de Dieu clément et miséricordieux, ceux-là seuls entretiennent les temples de Dieu qui croient en Dieu et au jour dernier. Lorsque Dieu (il est puissant et grand) désira l'exécution de son jugement arrêté dans sa prescience,

il autorisa son humble serviteur, qui met sa confiance en lui et s'en remet à lui pour ses affaires, le champion de sa cause, le défenseur de la religion de son Prophète, de son bien-aimé et de son ami, le Sultan illustre, grand, zélé

pour la guerre sacrée, guerrier, conquérant, victorieux, la colonne du monde et de la religion, le sultan de l'Islamisme et des Musulmans, Bibars, fils d'Abdallah, auxiliaire de l’Émir des croyants (que Dieu lui accorde une longue

existence !), et celui-ci sortit d’Egypte, à la tête de son armée victorieuse, le dixième jour du mois de redjeb l'unique, avec l'intention d'entreprendre la guerre sainte, d'attaquer les polythéistes et les opiniâtres, Il vint camper devant

la place frontière de Jalïa, le matin du jour, et s'en rendit maître, par la permission de Dieu, à la troisième heure. Puis il ordonna de construire cette coupole au-dessus de ce minaret béni, et cette porte pour servir à ce djanié béni, par les soins de l'humble en l'année 666 (1268 de J. C) ».

Devant celte partie du haram ou de l'enceinte sacrée, restaurée et embellie par Bibars, s'étend un souterrain parfaitement conservé, dont les voûtes reposent sur deux rangées d'élégantes arcades ogivales. Je suis tenté d'y voir d'anciennes citernes, comme semble le prouver l'excellent ciment dont elles sont encore en partie revêtues ainsi que les ouvertures supérieures qui les éclairent et par lesquelles on pouvait puiser de l'eau. D'autres voyageurs pensent

que ce sont là des magasins. Les musulmans prétendent que ce souterrain contient les restes sacrés de quarante compagnons de Mahomet, morts martyrs en combattant pour la foi musulmane, et ils n'y descendent qu'avec respect. D'un autre côté, une tradition latine le regarde comme étant la crypte d'une église chrétienne élevée autrefois en l'honneur des quarante martyre de Sébaste en Arménie, dont les reliques auraient été transportées partie en Italie et partie en Palestine. […]

Mais poursuivons l'examen de l'enceinte sacrée : une seule rangée d'arcades, à moitié démolies et de forme ogivale, longe la face orientale, laquelle, à son centre, est percée d'une porte qui regarde la ville. Devant ces arcades régnent de grandes citernes dont les voûtes sont soutenues par deux rangs d'arcades superposées; une partie de ces citernes, regardées pareillement par d'autres voyageurs connue d'anciens magasins, est bien conservée ; le reste est écroulé.

Au milieu de la face occidentale s'élève une tour justement renommée et appelée vulgairement tour des Quarante-Martyrs. Elle est isolée et n'a jamais été attenante à une église. Tous les voyageurs admirent l'élégante simplicité de sa construction. De forme quadrangulaire, elle mesure approximativement neuf mètres sur chaque face. Les pierres qui la composent sont de dimension moyenne, mais régulières et bien agencées. On y monte par un escalier en spirale de cent vingt degrés. Les fenêtres qui l'éclairent sont étroites et ogivales. Elle n'a jamais pu intérieurement renfermer de cloches. Ce n'est donc pas un campanile d'église ni un beffroi, mais plutôt un minaret musulman. Sa plate-forme supérieure est aujourd'hui très endommagée par le temps. C'est de là qu'autrefois le muezzin annonçait l'heure de la prière ; de là aussi, en temps de guerre, on découvrait au loin l'approche de l'ennemi. De ce point, en effet, le regard embrasse un horizon dont tous les voyageurs ont, à juste titre, vanté la beauté et l'étendue. A l'ouest, Jaffa et la Méditerranée ; au nord et au sud, de vastes et fertiles plaines ; à l'est, le rideau accidenté des montagnes de la Judée et de la Samarie, sollicitent tour à tour l'attention. Lorsque je fis l'ascension de ce minaret, j’assistai, en outre, de son sommet, à l'un des couchers de soleil les plus splendides que j'aie jamais vus, ce qui ajoutait un charme particulier à la grandeur du panorama que j'avais sous les yeux. En même temps qu'à l'occident le disque empourpré de l'astre du jour descendait lentement dans les flots de la mer, dont il teignait la surface de ses feux mourants, à l'orient la lune se levait radieuse du sein des monts de Juda, et sa lumière argentée répandait partout un éclat doux et mystérieux.

Quand et par qui cette tour a-t-elle été construite ? D'après une tradition généralement accréditée parmi les chrétiens, elle aurait été bâtie, à l'époque des croisades, par les Templiers, pour servir de clocher à une église maintenant détruite et dont la crypte seule existerait encore. Cette église, comme je l'ai déjà dit, aurait été dédiées aux Quarante Martyrs de Sébaste, et l’enceinte entière du Djama' al-Abyadh serait celle de leur couvent, transformé plus lard

en mosquée.

Mais cette tradition, notanunent en ce qui concerne la tour, me parait contredite ; et par le monument lui-même et par l'histoire. Le monument, en effet, par l'appareil, par les moulures qui encadrent les fenêtres supérieures et par le galbe de la porte, semble accuser un travail arabe. De plus, sur le linteau de cette porte on lit l'inscription arabe suivante, dont voici la traduction, que je dois de même à M. Sauvaire :

« Au nom de Dieu clément et miséricordieux, ceux-là seuls entretiennent les temples de Dieu qui croient en Dieu et au jour dernier, observent la prière et font l’aumône, et qui ne craignent que lui. L'édification de ce minaret béni a eu lieu par l'ordre de notre maître le Sultan, roi défenseur, savant, juste, zélé pour la guerre sacrée, guerrier, défenseur des frontières, sultan de l'Islamisme et des Musulmans, vivificateur de la justice dans l'univers, exterminateur des infidèles et des polythéistes, roi des Arabes et des Persans, maître des nations, conservateur du pays de Dieu, défenseur du monde et de la religion, Abou'l-Fetah (père de la victoire), Mohammed, fils de notre maître le Sultan martyr, le roi victorieux, épée du monde et de la religion, Kelàoun Sàlehy, auxiliaire de l'Émir des croyants (que Dieu fasse durer ses jours et favorise de la victoire ses drapeaux et ses étendards !). La construction de ce minaret a été achevée au milieu du mois de chàban de l'année 718 (1318 de J. C) ».

En second lieu, cette tour ne semble pas avoir été bâtie pour renfermer des cloches, et, par conséquent, on ne peut y voir le clocher d'une église aujourd'hui démolie. On pourra m'objecter que l'inscription que je viens de rapporter

n'est peut-être pas plus véridique que celle qui a été placée au-dessus de la porte septentrionale de l'ancienne église de Saint-Jean, transformée ensuite en mosquée, et qu'elle a pu être gravée, de même, après coup. Mais ici l'histoire est d'accord avec l'inscription. Nous lisons effectivement dans L’Histoire de Jérusalem et d'Héhron, par Medjr Eddhi, ouvrage terminé l'an 901 de l'hégire (1494 de J. C.), au folio 209 : Tous les édifices de Ramleh sont en ruine. L'ancienne mosquée se trouve hors de la ville, à l'ouest, et est attenante à un cimetière. Le sultan El-Malek en-Naser Mohammed ebn-Kelâoun y a construit un minaret qui est une des merveilles du monde pour la forme et l'élévation. Les voyageurs rapportent qu'il n’a pas son pareil. Il fut achevé au milieu de chàban de l'an 718 de l’Hégire.

Ce djama' a été construit par un khalife ommiade, Soliman ebn-Abd el-Malek, lorsqu'il monta sur le trône, en l’an 96 de l’Hégire. C’est un djama' fréquenté et vaste. Il est en grande vénération; on l’appelle Djama el-Ahiyâdh.

Ce dernier passage nous apprend que, bien avant les croisades, les musulmans avaient érigé une mosquée en ce lieu. Pendant l'occupation du pays par les Latins, ce sanctuaire put sans doute être converti en église; mais ensuite, sous le règne de Saladin, il retomba au pouvoir des musulmans, et fut réparé, en 1190, par l'un des personnages de sa cour.

Tout semble donc prouver qu'ici la tradition musulmane est fondée et que les ruines du Djama' el-Abyadh sont d'origine arabe. La tour, les citernes ou magasins, les rangées d'arcades que j'ai mentionnées, deux koubbeh délabrées ou chapelles de santons, dont je n'ai point encore parlé et qui occupent à peu près le milieu de l'enceinte sacrée, plusieurs logements à moitié démolis, en un mot tout l'ensemble de ce haram, qui semble avoir été à la fois une mosquée et un khan, dénote, à mon avis, des constructions musulmanes et non point chrétiennes. Et, de même qu'à propos du Djama' el-Kebir, malgré l'inscription gravée au-dessus de la porte, je revendiquais pour cet édifice l'honneur d'avoir été primitivement une église chrétienne, dont toutes les dispositions générales sont conservées et reconnaissables, de même pour le Djama' el-Abyadh, je suis très-porté à croire que la tradition chrétienne est erronée et que si les Templiers ont eu là un de leurs couvents, à l'époque des croisades, si alors ils y ont dédié une chapelle aux quarante martyrs de Sébaste, ce que je ne nie pas, ce n'est point à eux néanmoins qu'il faut rapporter la tour que je viens de décrire, ni les autres ruines qui remplissent cette enceinte.

 

Conder/Kitchener (1882), p.269-275. Visite le 17 janvier 1874.

The White Mosque. The enclosure measures about 300 feet north and south, by 280 feet east and west. The fine minaret, commonly called ' Tower of the Forty Martyrs ' by Christians, is in the centre of the north side ; along the south wall is a double colonnade with pointed arches. There is a mihrâb in the south wall. Beneath the surface are three vaults, running cast and west, with pointed arches. To one of these the title Arbain Meghazi, Forty Champions (companions of the Prophet), applies. This vault is full of Meshahed, or cairns, erected by pilgrims. A small ruined building or chapel stood in the centre of the court. The minaret has a winding staircase and solid core of masonry.

Masons' marks were observed on the slabs used for steps, which were probably taken from one of the tenth century churches, destroyed before the building of the mosque. The tower has been severely shaken by earthquake. The height is 120 feet, and the base is 26 feet square. The masonry is remarkably fine throughout.

Near the southern arcade is a long block of grey marble having an Arabic inscription, which was thus translated by Mr. Tyrwhitt Drake :

« In the name of God, the merciful, the compassionate. None restores the mosques of God but he who believes in God and in the last day. And God, whose majesty be exalted, allowed the issuing of the mandate because of the knowledge which he had before permitted His servant, the poor one who relies on Him and turns to Him in all his deeds, who is zealous in His ways, Nasr ed Din, Defender of the Faith and His Prophet, and the .... of his friend, the most majestic Sultan, the Wise, the Crescentator, the Preserver, the Fortifier, the Defender of the Faith, in this world and the next, the Sultan of Islam and of the Moslems, Bibars, Ibn Abdallah Kasim, Commander of the Faithful, may God spare him to us. And he sallied forth with his victorious army on the 10th of Rejeb el Ahed from Egypt, in order to go on a holy war and a raid on the men of sin and obstinacy ; and he halted at the fort of Yafa

in the beginning of the day, and he conquered it by the permission of God at 3 o'clock (9. a.m.) of the same day. Then he ordered that this dome should be begun over the lanthorn .... by the hand of Khûlil Ibn Dhûr . . . . May God pardon his son and his parents .... in the year six and sixty and six hundred and on the Moslems ».

Bibars took Jaffa and Ramleh in 1268 from the Christians, according to William of Tyre.

Over the door of the mosque is another inscription, with the date 718 A.H., the same given by Mejr ed Din for the completion of the mosque. The inscription gives the name of the founder as Abu’1-Fath, son of our Lord the Sultan, the martyr el Melek el Mansur. The latter is the title of the Sultan Kala'un by whose son, Nasr Muhammed, the mosque was founded, according to Mejr ed Din. His full title was Nasr Abu’1-Fath Muhammed Ibn Kala'ûn.

There are remains of chambers, probably occupied by the ministers of the mosque, along the west wall.

All the arches are pointed, the roofs are groined, the masonry is small.

In the centre of the area is a square building about 26 feet wide. In the north-west corner is the little kubbeh of Sheikh Saleh.

There is a gate on the north and another on the east, also remains of a central colonnade running east and west.

Visited 17th January, 1874.

 

Porter (1887), p.XV-XVI. Visite entre 1849 et 1859.

Ramleh is now before us, a bustling little town of some three thousand people. Its houses are substantial, and its streets wider and cleaner than in most Oriental towns.

There are two buildings of considerable interest ;—a church of the Crusading age, now a mosque; and a tall tower, visible over the whole Plain of Sharon. […] About a quarter of a mile west of the town is the White Tower, surrounded by the ruins of a large mosque. The tower, now isolated, is square, and beautifully built. The angles are supported by slender buttresses, and the sides taper upwards in stories. A winding staircase leads to the top, where it opens on an external stone gallery. The height is about one hundred and twenty feet. An Arabic inscription over the door of the tower ascribes its erection to Sultan Mansur, and gives a date equivalent to a.d. 1318.

The view from the top is very fine, commanding the whole of Ramleh and the gardens out to Lydda, as well as the great road westward to the orchards of Joppa, and eastward be defile which leads to Jerusalem.

 

 

 

 

 

Une image contenant croquis, dessin, noir et blanc, art

Description générée automatiquement

 

 

 

Une image contenant texte, croquis, dessin, plein air

Description générée automatiquement

 

 

Une image contenant croquis, diagramme, Plan, Dessin technique

Description générée automatiquement

 

Une image contenant bâtiment, croquis, dessin, phare

Description générée automatiquement

 

 

 

Une image contenant bâtiment, dessin, texte, tour

Description générée automatiquement

 

Vue du minaret de la mosquée al-Abyad

Source : Garvey (1880)

Vue du minaret de la mosquée al-Abyad

Source : Wilson (1881), III

Plan de la mosquée

d’après le Survey of Western Palestine

Source : Conder/Kitchener (1882)

Vue du minaret de la mosquée al-Abyad

Source : Ninck (1885)  

Vue du minaret de la mosquée al-Abyad

Source : Porter (1887)  

 

 

 

 

Menu précédent

 

 

 



[1] Cf. Rosen-Ayalon (2006), 67-83.

[2] Plus en place actuellement.

[3] Sur ce sujet voir Cytryn-Silvermann (2008), p.379-432.

[4] Voir le rapport complet dans Gutfeld (2010).

[5] Texte d’après Petersen/Pringle (2021), n°7 ; p.18.

[6] Texte d’après Petersen/Pringle (2021), n°5 ; p.199.

[7] Texte d’après Petersen/Pringle (2021), n°1.

[8] Texte d’après Petersen/Pringle (2021), n°8.

[9] Texte d’après Petersen/Pringle (2021), p.201.

[10] D’après Petersen/Pringle (2021), n°9.