Mashhad al-Husayn (573/1177)
Localisation : à 300m du mashhad al-Muhassîn, sur le Jabal Jawshân, au sud de la ville (A10.651).
Visite en : 2002, 2009.
Réf :
Allen (2003), chap.5
Gaube (1984), n°651
Herzfeld (1955), p.236-248
Korn (2004), n°4, 14, 86
Meinecke (1992), 4/27
Sauvaget (1928), p.224-237
Sauvaget (1931), n°20
Tabbaa (1997)
Tabbaa (1999), p.110-121
Berchem/Oppenheim (1913), n°58
Gaube (1978), n°34
Herzfeld (1955), n°112, 113, 114, 115, 116, 117, 118,
RCEA 3483, 3484, 3485, 3486
Historique
Le sanctuaire shi’ite du Mashhad al-Husain, fondé en 573/1177 à la suite d’une apparition, a été construit sur la pente de Jabal Jawshan avec la participation de la population d’Alep, il a reçu un nouveau portail en 585/1189 à l’initiative du ra’is Safiyy al-Dîn Târiq ibn Turaira, ce portail n’est plus conservé en raison d’ajouts postérieurs (à partir du 592/1195). Saladin a fait don de dix mille dirhams au sanctuaire.
Le sultan al-Zâhir Ghazî (r.582/1186-613/1216) a mis en place un waqf qui rapportait six mille dirhams par an. Le complexe qui existe aujourd’hui a été entièrement reconstruit suite à une nouvelle phase de construction datée 592/1195 (ill.7) par l’inscription du portail (qui sera agrandie à nouveau). L’iwan, l’élément central du sanctuaire, est surélevé du côté ouest de la cour et orné de motifs géométriques (ill.10), il est flanqué de pièces plus petites. Une salle de trois travées surmontée de coupoles occupe l’aile nord ; des latrines sont logées à l’angle nord-est. La salle de prière allongée du côté sud de la cour est divisée en cinq travées, elles aussi surmontées de coupoles. Le mihrab est également encadré par un motif de ruban tressé, au-dessus se trouvait la signature des deux artistes Abû ‘Abdallâh et Abû Raja, les fils de Yahya (ill.13). L’aile est a un iwan plus petit. Au sud se trouve le portail richement orné (ill.1).
La remarque d’ibn Shaddad selon laquelle un certain Abû Ghanîm ibn Shaqwaiq aurait fait don de l’iwan (original) peut être liée à une inscription (perdue) de 569/1173 au nom d’un certain Abu’l-Ghana'îm. Cette inscription et une autre inscription (perdue) du portail contenait vraisemblablement la signature d’un certain Abu’l-M-d-r-m (?), cela a conduit à la conclusion que Thabit ibn Shaqwaiq, un architecte connu de la Citadelle, (il y est mort en 600/1203) peut-être aussi considéré comme le fondateur de mashhad al-Husain. Une autre signature découverte par H. Gaube dans la cour aurait cité un certain al-Hasan al-Bazzaz ibn Mu’allî al-Nabakî.
Toujours d’après ibn Shaddad, le qadi Baha al-Dîn al-Khashshab prévoyait de construire une enceinte (haram) avec des chambres (buyût) pour les ascètes, après permission du sultan al-‘Azîz Muhammad (r.613/1216-634/1237). La construction était censée être inachevée au moment de la conquête mongole de 658/1260. Cette note mentionne certainement un agrandissement du complexe, par plusieurs salles du côté nord et un parvis à l’est qui a reçu une nouvelle enceinte. Un passage dans l’ancienne aile nord mène à une petite cour avec des iwans sur trois côtés. La partie est de la nouvelle aile nord est occupée par les salles de cuisine et les latrines. Le mur attenant au parvis est perçé par un portail au nord-est et des fenêtres jumelées sur le mur est. Le style de l’extension suggère une datation sous le règne d’al-‘Azîz Muhammad. On ne sait pas quelles parties étaient achevées en 658/1260.
Après la conquête mongole, le tombeau est rénové pour le compte du sultan al-Zahir Baybars (r.17 dhu’l-qa’da 658/24.X.1260 – 27 muharram 676/30.VI.1277).
Epigraphie
569/1173. Texte de construction 3 lignes
(93x40) au fond de l’iwan.[1]
« Au nom d’Allâh
… a ordonné la construction de cet iwan béni, l’avide de la miséricorde de son
Maître Abû’l-Ghana’îm, fils d’Abî al-Fadl, fils de … le
marchand de lin al-Halabî – que Dieu lui
pardonne ! – et cela (fut achevé) en l’année 569 (1173) ».
585/1189. Texte funéraire d’un mausolée
près du mashhad al-Husain.[2]
« xxx Ceci est le mausolée du sharîf incomparable, pur, Rukn al-Dîn, fils d’Abul-Makarîm
Hamza, fils de ‘Alî, fils de Zuhra,
fils d’Alî, fils de Muhammad, fils de Muhammad, fils
d’Ahmad, fils de Muhammad, fils d’al-Husain, fils d’Ishâk,
fils de Ja’far al-Sadîq,
que les bénédictions de Dieu soient sur lui, ses ancêtres et sur ses
descendants ; les purs imams ! Son décès eut lieu en rajab de l’année 585 (août-septembre 1189), que Dieu soit
Satisfait de lui ! »
592/1196. Texte de restauration sur le
linteau du portail, au centre d’un entrelac (ill.7).[3]
« xxx Le martyrion de notre maître
al-Husain, fils de ‘Alî, fils d’Abû Tâlib, - sur eux deux le salut ! – fut construit
durant les jours de l’empire de notre maître al-Malîk, al-Zâhir,
le savant, le juste, le sultan de l’Islam et des Musulmans, le seigneur des
rois et des sultans, Abul-Muzaffar al-Ghazî, fils
d’al-Malîk al-Nâsir Yûsuf,
fils d’Aiyûb, le défenseur de l’émir des croyants, en
l’année 592 (1196) ».
n.d. Litanie 2 lignes (278x35) sur les 2
côtés de la baie du portail (ill.8, 9).[4]
« xxx Ô Dieu ! accorde Ta
bénédiction au prophète Mahomet, à ‘Alî l’agréé, à al-Hasan
l’empoisonné, à al-Husain le martyr, l’opprimé, à ‘Alî
Zain al-‘Abidîn, à Muhammad al-Bâkir,
l’étendard de la religion, à Ja’far al-Sadîq, l’homme de confiance, à Mûsâ
al-Kâzim, le fidèle, à ‘Alî
le pur, al-Ridâ, à Muhammad, le vertueux, le
respectable, à ‘Alî le bien dirigé, sans défaut, à
al-Hasan al-‘Askarî, au Sâhib
al-Hujja al-Mahdî, et pardonne à celui qui a fait
effort pour ce martyrion ! »
n.d Litanie 2 lignes (700x65) couronnant
le grand iwan de la cour (ill.10).[5]
« xxx Ô Dieu ! accorde Ta
bénédiction à Mahomet l’élu, à ‘Alî l’agréé, à Fatima
la brillante, à al-Hasan l’élu, à al-Husain le martyr, à ‘Alî
Zain al-‘Abidîn, à Muhammad al-Bâkir,
à Ja’far al-Sadîq, à Mûsâ al-Kâzim, à ‘Alî al-Rija, à Muhammad le
généreux, à ‘Alî le bien dirigé, à al-Hasan al-‘Askarî, à notre maître Muhammad fils d’al-Hasan al-Ka’im bi-amr Allâh ! ».
n.d. Signature 5 lignes au-dessus du
mihrâb (ill.13).[6]
« Façon d’Abû ‘Abd-Allâh
et d’Abû-Raja, tous deux fils de Yahya xxx (?), que Dieu ait pitié d’eux
deux ! »
n.d. Signature sur la clef en marbre
surmontant la baie du portail.[7]
« Façon d’al-Hajj Abî’l-
… r-m-s …. al-…, qu’Allâh ait pitié de
lui ! ».
822/1419. Epitaphe 2 lignes (60x40) dans la cour.[8]
« A trépassé Sharaf al-Dîn ibn Mûsâ
al-Halabî le 10 du mois de safar en l’année 822 (1419) »
Biblio complémentaire
Talmon-Heller (2007)
Mulder (2014), p.63-114
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1/ plan du mashhad |
2/ vue du côté nord |
3/ façade du mashhad |
4/ portail d’accès |
5/ partie haute du portail |
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6/ plan de la voûte du portail |
7/ décor de la baie du portail avec l’inscription
datée 592/1196 |
8/ l’inscription non datée sur la partie droite de
la baie |
9/ l’inscription non datée sur la partie gauche de
la baie |
10/ la façade du grand iwan avec l’inscription non
datée |
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